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- "Rendez-vous de carrière" : à quoi s’attendre ? -
Article publié le 10 novembre 2017

Ne rêvons pas, les nouvelles modalités d’évaluation des personnels enseignants et d’éducation pour l’année scolaire 2017-2018 ne modifient en rien nos critiques relatives à ce sujet : poids excessif de la hiérarchie, notamment locale, fausse "méritocratie" fondée davantage sur le hasard que sur la compétence, effet ridicule sur nos salaires...

Qui est concerné ?

Il s’agit des personnels qui se trouvent au 6ème, 8ème ou 9ème échelon et qui ont une certaine ancienneté dans leur échelon. Les personnels concernés ont reçu normalement un mail sur leur adresse professionnelle qui leur indiquait qu’il-les étaient éligibles à ces rendez-vous de carrière.

Comment cela se passe-t-il ?

La campagne se déroule de novembre à la fin mai. Le "rendez-vous de carrière" se compose d’une inspection suivie d’un entretien, puis d’un entretien avec le chef d’établissement.

L’administration doit respecter un calendrier très précis : un agent ne peut être inspecté que s’il-le a reçu une convocation au moins un mois en avance et l’entretien avec le chef d’établissement doit intervenir dans un délai de 6 semaine maximum après l’inspection. Un agent peut refuse la date proposée et solliciter un report de date par l’intermédiaire d’une application dédiée (SIAE).

L’agent recevra ensuite un "compte-rendu de carrière" élaboré conjointement par le chef et l’inspection : il-le aura alors 3 semaines pour formuler d’éventuelles observations. Attention : l’ensemble du processus est dématérialisé. Tout sera notifié par mail.

Enfin, l’appréciation finalisée sera communiquée aux agents à la rentrée 2018. Elle pourra être contestée lors de la CAPA d’avancement de l’an prochain.

Notre analyse

En prétendant rompre avec des pratiques plus que centenaires, le ministère les modernise et emprunte au modèle de l’entreprise privée une nouvelle culture de « gestion des ressources humaines ». Dans cette nouvelle approche hiérarchique, IEN, IPR et chefs d’établissement deviendraient des sortes de managers de carrière, de gestionnaires en formation continue et cela à un moment où la formation continue n’en finit pas de disparaître et où les injonctions se multiplient.
La réforme prévoit le maintien de l’inspection-sanction puisque chaque rendez-vous de carrière commencera par une inspection en classe et l’appréciation qui en découlera déterminera qui bénéficiera d’une accélération de carrière ou non. Il faut substituer au contrôle épisodique, partiel et subjectif de l’inspecteur le regard de l’équipe sur elle-même.
La réforme prévoit la création d’un troisième grade, dit « exceptionnel », ce qui accentuera encore les inégalités de revenus.
Nous refusons que certain-e-s d’entre nous avancent plus lentement que les autres dans leur carrière car nous sommes opposé-e-s à toute forme de salaire au mérite.
Nous affirmons notre volonté de voir l’évaluation totalement déconnectée du déroulement des carrières et des rémunérations.
Nous revendiquons la réduction du temps de service des personnels en présence des élèves pour favoriser la concertation des équipes et les échanges pédagogiques entre collègues.
Nous voulons un droit réel à la formation continue choisie sur temps de service, qui permette aux enseignant-e-s de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques, et une augmentation importante des droits à congés formation, sujets sur lesquels le projet ministériel reste muet.