Une cinquantaine de parents d’élèves d’Aubervilliers se sont réunis hier devant l’inspection de circonscription et ont bloqué l’avenue de la république pendant 5 min. La délégation a été reçue par l’IEN. Cette dernière n’a rien annoncé de concret. (...)
Mardi 4 septembre et jeudi 6 le collège était en lutte. Le collège a été bloqué avec l’ aide parents d’ élèves le jeudi. Plus de 100 élèves en trop et des préfabriqués qui ne sont pas arrivés pour les accueillir. Rencontre avec Ribaud (directeur du service éducation au conseil (...)
Cette « fusion », apprise lors du conseil d’administration du mois de février 2012 et soutenue voire souhaitée par notre direction nous a été présentée comme une solution à des problèmes de gestion et de responsabilité, les deux établissements se trouvant dans le même bâtiment (le conseil (...)
A signer ici, contre la répression des agents des Lycées et leur maltraitance. http://www.sudeduccreteil.org/spip....
Depuis plus de 15 jours les collègues et des parents d’élèves des ces 3 établissements se mobilisent contre les dotations de leurs établissements pour la rentrée 2012. Après des blocages d’établissements une manif et une audience à l’IA qui n’a rien donné il ont (...)
Actuellement des plans d’action contre la souffrance au travail se multiplient : Xavier Darcos a été chargé de mettre en place des commissions portant sur “La gestion du stress et la gestion du résultat". Il s’agit dans ces commissions de détecter les "fragilités" professionnelles en utilisant une liste de "signaux" et une liste de "signalants". Les différents plans d’action contre les risques psycho-sociaux retiennent des indices comme les personnes seules au moment des repas, les personnes qui ne discutent pas avec les autres, les personnes irritables, les personnes qui ont une vision pessimiste, l’anxiété, la résistance au changement, la baisse de performance, l’hyperactivité, le perfectionnisme, le travail de qualité (la surqualité devient la recherche obsessionnelle de la perfection !). La liste des "signalants" comprend : la personne concernée, les collègues de l’équipe, les Directeurs des Ressources Humaines, les Assistantes Sociales, les médecins du travail, les proches de la personne, le médecin traitant.
Cette approche de la souffrance au travail s’apparente à une ultra-normalisation de l’activité professionnelle d’où l’émergence et la multiplication de cabinets spécialisés dans l’écoute psychologique et l’accompagnement individualisé des salariés.
Selon Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail du Conservatoire National des Arts et Métiers, il s’agit d’un véritable "prêt à penser en situation difficile", d’un "guide des bonnes pratiques", d’un despotisme compassionnel qui s’apparente tout simplement à de la délation… "La surveillance généralisée des « fragiles » risque de virer au despotisme compassionnel."
Il existe une autre fausse piste dans le débat public actuel sur la question du travail. C’est celle fondée sur un style de management des relations humaines qui consiste à "reconnaître l’individu dans l’entreprise". Or Yves Clot considère que le "bien être" sans pouvoir "bien faire" est une illusion de plus. En effet, "ce qui fait le plus mal c’est de ne pouvoir se reconnaître dans le travail qu’on fait."
L’accord sur le stress au travail est également une fausse piste dans la mesure où il repose sur un diagnostic erroné, hérité d’une conception hygiéniste de la santé. La santé serait l’absence de maladie et la définition du "stress", retenue dans le cadre de cet accord, repose sur l’idée qu’il y a stress lorsque les individus n’ont plus les ressources suffisantes pour faire face aux exigences de l’organisation du travail.
Mais la santé, ce n’est pas l’absence de maladie et Yves Clot préfère une autre définition de la santé, celle de Georges Canguilhem : "c’est quand le sujet se sent capable de porter la responsabilité de ses actes, mais aussi quand il peut apporter des choses à l’existence, qu’il peut créer entre les choses des liens qui ne leur viendraient pas sans soi." Ainsi, Yves Clot propose-t-il d’inverser la définition du stress retenue dans le cadre de l’accord sur le stress au travail : "Il y a stress quand l’organisation du travail n’offre plus les ressources suffisantes pour que les salariés puissent faire un travail de qualité qui souvent leur tient à coeur." C’est la tâche empêchée qui rend l’individu malade. Il y a souffrance au travail quand il y a empêchement de "faire son travail bien ". Ce qui fait le plus de mal, ce sont les activités empêchées, avortées, impossibles, c’est l’effort individuel et collectif consenti pour refouler ce qu’il faudrait faire… L’activité impossible est éreintante et génère la souffrance dont on ne se remet pas.
Le réel de l’activité impossible c’est ce qui n’est pas fait, plus fait et qui mine. Pour Yves Clot, faire son métier, ce n’est pas seulement accomplir le travail qui est confié, c’est aussi pouvoir être comptable de son métier, s’y reconnaître, c’est la possibilité conservée de faire autorité sur son travail. C’est quand l’individu ne peut plus se reconnaître dans ce qu’il fait, qu’il ne peut plus faire autorité sur son travail qu’il y a souffrance. Dès lors, à quelle condition peut-on faire autorité sur son travail et quels sont les critères d’un travail bien fait ? À condition de ne pas être une collection d’individus mais d’être un collectif, répond Yves Clot à la première question. Le collectif n’existe vraiment que lorsque l’on peut supporter entre collègues de travail les désaccords sur la manière de travailler. Le collectif c’est la possibilité de défendre son métier en "s’y attaquant". Refaire du collectif, ce n’est pas faire de l’homogène, c’est ensemble, entre collègues, affronter les désaccords professionnels, c’est installer la dispute professionnelle. Partout où on ne peut plus "parler boulot", on risque de s’écarter du métier, on triche avec le réel. Le travail est constitué d’imprévus, ce n’est jamais stabilisé, "ça suppose toujours de prendre la peine de vivre." Installer la dispute professionnelle donc pour recréer du collectif et non plus des collections d’individus, pour retrouver le plaisir d’envisager de faire autrement ce que l’on est déjà capable de faire, pour que "la qualité du travail devienne un objet de controverse."
Pour Yves Clot, il s’agit non pas de négocier sur le stress mais sur l’organisation du travail et sur les critères retenus pour dire si un travail est de qualité ou pas. "La question est là : la qualité du travail mérite-t-elle de devenir une valeur centrale du salariat ? On doit aussi pouvoir le discuter. Et sur quels critères ? Croire que ceux qui travaillent n’ont surtout pas à s’en mêler ou dire qu’il s’agit avant tout d’un problème de management est une impasse. C’est peut-être seulement si la qualité du travail devient un objet de controverse entre les salariés que de nouveaux collectifs d’initiatives pourront exister. C’est la porte par laquelle la santé peut revenir au travail.
Si les conflits autour du travail et de la santé se détournent de cet objet-là, ils risquent d’empoisonner la vie professionnelle. Les fausses pistes sont nombreuses. Mais la promotion d’un travail décent est possible si une confrontation sérieuse s’ouvre sur ce terrain de recréation collective. Au-delà de la « religion du chiffre »."
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