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Mardi 4 septembre et jeudi 6 le collège était en lutte. Le collège a été bloqué avec l’ aide parents d’ élèves le jeudi. Plus de 100 élèves en trop et des préfabriqués qui ne sont pas arrivés pour les accueillir. Rencontre avec Ribaud (directeur du service éducation au conseil (...)
Cette « fusion », apprise lors du conseil d’administration du mois de février 2012 et soutenue voire souhaitée par notre direction nous a été présentée comme une solution à des problèmes de gestion et de responsabilité, les deux établissements se trouvant dans le même bâtiment (le conseil (...)
A signer ici, contre la répression des agents des Lycées et leur maltraitance. http://www.sudeduccreteil.org/spip....
Depuis plus de 15 jours les collègues et des parents d’élèves des ces 3 établissements se mobilisent contre les dotations de leurs établissements pour la rentrée 2012. Après des blocages d’établissements une manif et une audience à l’IA qui n’a rien donné il ont (...)
A l’instar d’un gouvernement qui multiplie les opérations de communication pour masquer les problèmes sociaux, le ministère de l’éducation nationale s’active pour donner le change. Les réformes engagées au lycée ou dans le primaire ont largement dégradé les conditions de travail et d’enseignement, le démantèlement de la formation initiale est bien le fiasco annoncé. Dans un contexte de contestation et de dégradation du système éducatif la conférence sur les rythmes scolaires est une occasion inouïe de faire diversion.
Il n’est pas sûr qu’il ressorte grand-chose de cette nouvelle grande esbroufe. Pour rappel, on trouve dans cette commission un ancien recteur, un haut fonctionnaire européen, un spécialiste de la violence scolaire, un exsecrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. Et même, un cadre dirigeant à la SNCF, la présidente du Centre des monuments nationaux ou un directeur de Sciences Po parallèlement responsable des études à l’Institut Montaigne. En tout, 27 personnes, issues de tous les champs, y compris économique et touristique, puisque, comme l’a souligné le ministre de l’Éducation nationale "aujourd’hui, l’école rythme toute la société".
Issues de tous les champs vraiment ? Et bien non ! Car dans cette commission, aucune trace de représentant de parents d’élèves ou de syndicats d’enseignants.
À part un nouveau déballage démagogique, le ministère de l’éducation n’a rien à offrir, au risque de contredire les réformes qu’il a lui même initiées.
Comment poser la question des rythmes scolaires quand, pour satisfaire son électorat, l’UMP a mis fin à l’école le samedi et que les enseignements ont été resserrés sur quatre jours ?
Cependant, nous sommes persuadés qu’une vraie réflexion sur ce sujet s’impose car la situation actuelle, héritée des décisions prises par les ministres successifs souvent contre l’avis des personnels chargés de les mettre en oeuvre, ne peut nous satisfaire.
Les rythmes scolaires actuels sont totalement inadaptés
Aujourd’hui, le temps de classe à l’école primaire est de quatre jours de six heures par semaine et les vacances sont soumises au zonage. A ces six heures, s’ajoutent pour les enfants en difficulté, deux heures d’aide personnalisée par semaine, voire pour les CM des stages sur le temps des vacances.
Des journées trop longues pour les enfants 6h de classe + ou 1h30 d’aide personnalisée + garderie du matin, voire du soir et cantine. Certains enfants ont une amplitude journalière de 10h dont 6h 1/2 de classe et ce, quel que soit leur âge (5 ans ou 10 ans).
La journée est d’autant plus longue que le passage de 26h de classe à 24h ne s’est pas traduit par un allègement des programmes, bien au contraire. Nous avons perdu l’équivalent de 3 semaines de classe (72h) et les matières à enseigner n’ont cessé d’augmenter (informatique, anglais, histoire de l’art). Le contenu même des programmes s’est alourdi. L’enfant est donc « pressuré » au maximum avec très peu de temps de « respiration ».
Et comme la journée de classe ne suffit plus pour emmagasiner les programmes, il existe, malheureusement, une tendance très nette à une augmentation du travail demandé à la maison.
Dans le second degré, la fermeture de la plupart des établissements le samedi matin, pour les mêmes raisons déjà évoquées, se traduit par une amplitude journalière augmentée. En lycée, les innovations introduites par la réforme de la classe de seconde, avant celles concernant première et terminale, compliquent l’élaboration des emplois du temps et augmentent le temps de présence sans cours dans les établissements, sans que ceux-ci soient adaptés à les recevoir (locaux, effectifs dans les vies scolaires insuffisants). S’ajoutent les temps de transport scolaire pour les lycées et les collèges des zones rurales. Ainsi il est fréquent de voir un adolescent quitter son domicile dès 7h 00 pour y revenir 12 heures plus tard !
Ainsi les élèves sont de plus en plus fatigués à mesure que le trimestre se déroule, par exemple en novembre au cours d’un « trimestre de quatre mois » le plus long de l’année. Et cette fatigue est source de démotivation, de mise en difficulté des plus fragiles notamment.
Des journées trop longues pour les personnels Outre le temps de classe, les personnels enseignants doivent gérer l’aide personnalisée et les réunions diverses (conseil d’école, conseil de cycle, conseils des maîtres, équipes éducatives, … ), elles aussi réparties sur quatre jours. De même, recevoir les parents devient un véritable parcours du combattant pour trouver des créneaux compatibles à tous. La préparation de classe a lieu le week-end et le soir après 20h pour un personnel composé en grande majorité de femmes.
Les personnels dépendant des collectivités territoriales se sont vus imposer des horaires encore plus contraignants avec la suppression du samedi matin. Les ATSEM par exemple, perdant le samedi matin ont dû compenser par des heures de ménage ici ou là. Elles sont présentes le matin pour l’accueil des enfants, elles enchaînent le midi avec la cantine (une pause d’1/2h pour déjeuner), elles reprennent l’après midi pour terminer souvent avec des heures de ménage après la classe.
Un rythme hebdomadaire morcelé et des rythmes sociaux incompatibles
Dans les faits les enfants ont deux fois deux jours d’école. Le reste du temps, les conditions de vie et de travail des parents font que les enfants voient leur rythme sommeil/activité sensiblement modifié - empilement d’activités, coucher tardif... - Les difficultés sociales frappant les familles amplifient ces difficultés. Nombres d’emplois sont précaires avec des horaires morcelés sur la journée ou sur la semaine.
La précarité impose parfois des horaires très tôt le matin et très tard le soir, le week-end. Le chômage de nombreux parents est aussi (et entre autres) un obstacle à la régularité du rythme de vie de l’enfant. Comment établir un rythme journalier et hebdomadaire régulier pour les enfants si les adultes ont des contraintes de plus en plus inhumaines ? Enfin la multiplication des familles recomposées amplifie ce phénomène.
Les parents n’ayant la garde de leurs enfants que partiellement cherchent à profiter pleinement de ces derniers et multiplient déplacements, activités, soirées tardives devant la télévision…
Quant aux adolescents, les emplois du temps déjà évoqués cumulés à la nécessité de fournir un travail en autonomie à la maison sont sources de manque de sommeil et de difficultés à gérer cette autonomie, et donc d’échec scolaire pour les plus fragiles.
Il est clair que les mauvais rythmes scolaires ont à voir avec l’état de notre société.
Dans tous les métiers, la productivité et les nouvelles méthodes de management génèrent du stress.
Comment rétablir un rythme de vie sain pour les enfants sans s’atteler à celui de leurs parents, de leurs enseignants ou des personnels intervenants ?
Un rythme annuel sans cohérence
Sur l’année, le rythme de sept semaines de classe suivies de deux semaines de vacances a été mis en place et semblait convenir au plus grand nombre. Mais le zonage, que le lobbying des professionnels du tourisme a permis d’imposer, a mis fin à cette régularité et élèves et enseignants subissent désormais des périodes d’activités qui peuvent aller de 5 semaines à 12 semaines. Quant aux vacances de toussaint, celles qui sont au coeur du trimestre le plus long, elles durent normalement 10 jours, ce qui est insuffisant pour que les élèves puissent réellement optimiser ce temps de repos.
Améliorer les rythmes scolaires et les conditions de travail des enseignants
Il serait temps de poser enfin le problème du temps de travail des professeurs des écoles. Qu’est-ce qui justifie qu’ils aient plus d’heures devant élèves à faire qu’un professeur du second degré ?
18 h devant élèves, du temps de concertation pour un véritable travail d’équipe, pour prendre le temps de mettre en place des solutions adaptées aux difficultés de nos élèves : voilà aussi une façon d’améliorer les rythmes scolaires. Cela nécessiterait évidemment une autre organisation de l’école avec plus de maîtres que de classe.
Hors du personnel formé en nombre suffisant ce n’est pas la tendance actuelle. Il n’ y a plus de formation initiale et la formation continue est réduite à peau de chagrin. Les suppressions de postes mettent en péril les remplacements, les personnels spécialisés du rased et l’école maternelle.
Pressions hiérarchiques génératrices de stress, de culpabilité sont devenues des moyens de plus en plus employés par la hiérarchie pour masquer les effets dévastateurs des suppressions de poste et de la disparition de la formation …Ainsi au constat de l’aggravation de la détérioration des conditions d’enseignement, la hiérarchie renvoie les enseignants à leur efficience parce ce que ce qui compte : « c’est la qualité plutôt que la quantité » .Ce mode de gestion génère et accroit la souffrance au travail des enseignants. Comment donner aux enfants un cadre favorable aux apprentissages si les personnels sont en souffrance ?
… Et celui des autres personnels intervenants
Nous accueillons des enfants reconnus handicapés mais le seul accompagnement prévu est celui de personnel plein de bonne volonté mais sans formation, payé à coups de lance-pierre et jetable au bout de deux ou trois ans !
Toute modification du rythme scolaire a des conséquences inéluctables sur les personnels ATSEM, de cantine, de garderie ou d’encadrement du temps périscolaire (centre de loisir, CLAS, aide aux leçons, associations sportives, transports). Ce personnel qui joue un rôle fondamental dans le bien-être de l’enfant à l’école est de moins en moins en mesure d’accomplir ses missions car la peur des chefs et une aggravation des conditions de travail génèrent stress et souffrance au travail. Ce personnel a en effet à jongler entre l’employeur, le directeur de l’école et l’enseignant de la classe et constitue trop souvent malheureusement « le petit personnel invisible ».
Ces missions sont confiées aujourd’hui, soit aux collectivités territoriales soit à des associations. Il est donc fondamental d’envisager une véritable concertation avec ces partenaires.
Le problème du financement ne peut être laissé de côté car l’Etat se désengage de plus en plus tant des structures d’éducation populaire que des missions de prise en charge des difficultés (RASED, médecine scolaire).
Deux solutions : soit les collectivités territoriales peuvent financer mais cela implique des inégalités territoriales importantes, soit on tombe dans le domaine privé où ce sera à l’usager, aux parents de payer.
Le zonage des grandes vacances
Un des risques serait de proposer un zonage des grandes vacances ce qui serait sûrement du goût des professionnels du tourisme qui verraient leurs saisons s’étaler de juin à septembre. Mais qu’adviendrait-il alors des examens nationaux ? Le projet ne serait-il pas dans le cadre de la réorganisation de l’Etat autour des régions, d’aller vers une autonomie des régions, des établissements y compris en terme d’examens type Brevet ou Bac ? On voit tout de suite la mise en concurrence des régions entre elles avec ses corollaires de mise en concurrence des personnels, des établissements, des élèves, le tout dans une logique du chacun pour soi et mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade.
En conclusion :
Remettre à plat les rythmes scolaires engage une réflexion et des investissements qui se déclinent dans tous les compartiments de la société : besoins des enfants, conditions de travail des enseignants, temps de travail des parents, disponibilité des collectivités locales qui souvent ont la charge du temps périscolaire et des infrastructures. Mais cela nécessite une vraie réflexion et un vrai dialogue avec les acteurs de la communauté éducative.
Cependant, il est clair que le gouvernement n’entend pas du tout poser le débat dans ces termes :
Aucun bilan des expérimentations passées ou en
cours, des décisions prises par les ministres successifs,
souvent contre l’avis des personnels chargés de les
mettre en oeuvre, n’a été tiré, alors que par ailleurs la
majorité gouvernementale voue un véritable culte à
l’évaluation.
Durant toutes les consultations ministérielles
antérieures sur ce sujet, ni les associations de parents,
ni les enseignants n’ont été conviés à participer au
comité de pilotage.
Le calendrier fixé à cette occasion a été resserré,
imposant une précipitation incompatible selon nous
avec une vraie réflexion ?
Enfin comment s’imaginer que ce « débat » puisse amener à des décisions allant dans le sens d’un progrès pour l’école quand il se tient dans un contexte de suppression massive de postes d’enseignants, de conseillers d’orientation psychologues, des personnels spécialisés dans le primaire, de psychologues scolaires, de personnels de vie scolaire, de personnels administratifs… il est bien difficile de croire qu’en période de rigueur les fonds nécessaires à cette révolution seront débloqués par l’Etat. Les collectivités locales déjà étranglées par les transferts de charges engagés par les politiques de décentralisation ne pourront pas non plus assumer ce fardeau.
L’enjeu est donc important ; nous proposons aux personnels de s’emparer de ces questions en continuant à se mobiliser pour la défense de l’Ecole Publique. Et c’est parce que cet enjeu est important que nous refusons de cautionner cette pseudo-consultation dont l’unique objectif est de justifier des décisions motivées par une politique de rigueur pour l’école et plus largement pour les services publics.
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